QUÉBEC, BARCELONE ET/ OU MADRID ?
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Récemment, le Québec effectuait un rapprochement avec la Catalogue. Le parti politique catalan (CIU) a recueilli 4,61 % du suffrage populaire lors des dernières élections et a négocié longuement son appui au Parti Populaire dont le chef, José-Maria Aznar est également le principal dirigeant de l’Espagne.
Je m’interroge sur la pertinence pour le Québec d’échanger prioritairement au moins au niveau politique avec Barcelone plutôt qu’avec Madrid.
Loin des officines politiques, on peut se demander si des démarches ont été entreprises d’abord avec Madrid, le gouvernement central et si oui quelle collaboration a-t-on obtenue ?
Auprès de la Catalogne, est-ce que les négociations ont été plus faciles en raison des contacts des membres du gouvernement québécois ou autres ? Des mobiles politiques ont pu motiver des démarches avec un groupe ethnique, une partie du territoire espagnol plutôt que son ensemble via Madrid !
La Catalogne est une région prospère mais est-ce une raison suffisante pour lui accorder autant d’attention ! Les revendications autonomistes de la Catalogne, comme un professionnel du développement technologique me disait, s’apparentent à celles des provinces canadiennes, peut être plus qu’aux revendications souverainistes , indépendantistes du Québec.
A-t-on sérieusement évalué l’impact sur les relations Espagne-Québec en termes politique, économique et autres du liens privilégiés avec Barcelone au lieu de Madrid. Le Québec , préfère t- il échanger avec des ressortissants d’une partie du territoire espagnol en tant que représentant d’un des deux groupes ethniques canadiens ou d’une parti du territoire canadien (province du Québec) ou du territoire québécois?
En principe, un parti souverainiste au pouvoir à Québec devrait aspirer à transiger avec Barcelone et Madrid mais prioritairement Madrid, s’ils le veulent bien !
Le Québec laisse-t-il le champs libre à Ottawa, les laissant seuls à collaborer directement avec la capitale espagnole ; de capitale à capitale !
Certains québécois disposent sûrement de liens d’amitiés, d’affaires, .. avec les autres parties du territoire espagnol et notamment les milieux madrilènes. L’Espagne est une destination très appréciée des Québécoises et des Québécois.
Le faible questionnement soulevé avant et après cette visite s’explique possiblement par le nombre de citoyens québécois pouvant débattre de questions internationales car ce sujet est surtout de ressort fédéral présentement. A l’instar du domaine financier, tout le monde discute de milliers de dollars mais peu de gens émettre des opinions lorsqu’il s’agit de millions et de milliards de dollars.
Peut-on générer plus d’emplois en travaillant avec Madrid plutôt qu’avec Barcelone ou avec les deux à la fois ? Lorsque l’on connaît les guerres politiques entre Ottawa et Québec, on peut douter des chances de transiger harmonieusement et efficacement avec les deux capitales si une situation similaire existe en Espagne. Les Québécoises et les Québécois s’intéressent de plus en plus aux situations internationales en particulier les milieux d’affaires. Pour notre part, nous avons été témoin de démarches en particulier dans le domaine des services professionnels, du commerce de matériaux. Même si le Gouvernement se défend d’avoir à jouer le rôle de créateur d’emplois mais privilégie celui de « conditionneur » de l’économie, son leadership et ses appui s politiques et logistiques peuvent être déterminants dans des échanges internationaux.
Odilon Talbot
Le 14 septembre 1996
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